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Revue de l’année 2016 de Géraud

Cinq réussites

5) The Revenant

Après l’expérience Birdman (filmé comme un plan-séquence de deux heures), Alejandro G. Iñárritu a décidé d’encore plus se compliquer la vie. Tournage dans des conditions atroces, acteurs malmenés, défis techniques à profusion, que ne ferait-on pas pour que notre cher Léo obtienne enfin sa statuette? Au frontières d’un pays et de la volonté humaine, The Revenant nous laisse stupéfiés par sa froide beauté.

4) Preacher

Voilà bien un projet sur lequel on n’aurait pas parié grand chose. Immense classique de la BD américaine, Preacher aurait pu être inadaptable. Et pourtant, humour noir, blasphèmes à foison et violence exacerbée sont au rendez-vous. Autre bonne idée des artisans de cette première saison : piocher ça et là dans l’histoire de l’original, tout en réorganisant adroitement le tout, pour composer une saison qui saura surprendre même les plus grands fans de l’œuvre de Garth Ennis.

3) Black Mirror et The OA

Bloodline, Stranger Things, Making a Murderer, House of Cards… C’est un fait, Netflix rime avec qualité, ce qu’elle a confirmé par deux fois en cette fin d’année. De un, en ajoutant six excellents épisodes à Black Mirror, série culte sur ce qui reste de l’humain quand celui-ci profite de la technologie pour laisser cours à ses plus bas instincts. Et de deux, avec The OA, une série sur… La mort? La vie? La liberté? Le pouvoir de l’imagination? Une chose est sûre, ses huit épisodes d’une infinie étrangeté ne laissent pas indifférent.

2) Arrival

Un film de science-fiction cérébral, sur la traduction difficile d’une langue extraterrestre, orchestré par un réalisateur qui fait ses premiers pas en science-fiction. Mille occasions de trébucher, et pourtant, nous tenons là une vraie perle. Progression lente et assurée, scénario en béton, design ultraréaliste, acteurs impeccables… En plus de nous servir le meilleur film du genre depuis l’immense Ex Machina, Villeneuve rassure les hordes de cinéphiles qui attendent son Blade Runner 2049 au tournant.

1) The Witch

Jaws et Aliens en montraient peu et faisaient peur. The Witch ne montre rien et terrifie. Il faut un talent tout bonnement exceptionnel pour qu’un plan montrant un simple lapin atteigne des sommets d’anxiété. Et du talent, Robert Eggers – dont c’est le tout premier long-métrage! – en a à revendre. Musique, acteurs, dialogues (en anglais du XVIIe siècle) et réalisation forment un tout parfaitement et horriblement cohérent. Un bijou de cinéma d’horreur, et de cinéma tout court.


 

Cinq erreurs

5) Gods of Egypt

On ne peut pas reprocher à Gods of Egypt d’être ennuyeux; on peut lui reprocher tout le reste. Scénario échevelé, acteurs aussi excellents que mal utilisés, images de synthèse qui sentent le faux à plein nez… Alex Proyas a très mal reçu les critiques – pourtant méritées – qui ont plu sur son film, mais on s’attendait à bien mieux de la part du réalisateur de The Crow et de l’inoubliable Dark City.

4) Warcraft

Une franchise adorée, un univers assez riche pour cent films, et le réalisateur du sublime Moon et du surprenant Source Code. Voilà bien la preuve que sans recette, un tas de bons ingrédients donne une infâme bouillie. Long et idiot, Warcraft essaie d’aller partout et ne va nulle part. Et pour couronner le tout, il n’aura même pas l’honneur d’être le pire film de jeu vidéo de l’année, cette palme revenant, à en croire les critiques unanimes, à Assassin’s Creed.

3) Independence Day: Resurgence

Certes, 2012 était idiot au possible, mais ses scènes de destruction tout à fait dantesques laissaient bouche bée. On a tout autant la bouche ouverte durant le nouvel Independence Day, mais pour bailler à s’en décrocher la mâchoire. Un exemple parmi tant d’autres : comment est-ce diable possible de rendre ennuyante une scène où un vaisseau de la taille de l’Australie soulève Singapour et la refait tomber sur Londres? Nul, nul, nul.

2) The Killing Joke (version animée)

Petite expérience : prenez une des histoires les plus acclamées de DC, écrite par le génialissime Alan Moore. Ajoutez-y une demi-heure de contenu inutile, avec en prime une relation sexuelle malsaine. Saupoudrez de l’action ça et là, puisque le spectateur est semble-t-il trop bête pour apprécier une bonne histoire. Et plutôt que de suivre l’exemple de l’ultrafluide Batman: The Animated Series, animez le tout comme si le film tournait sur un PC de 1991. Et hop, vous avez transformé une adaptation inutile en adaptation affreuse. Bravo.

1) Suicide Squad

La bonne imitation est une flatterie; la mauvaise, une singerie. Obsédé par l’idée de reproduire le succès de Guardians of the Galaxy, DC nous offre inflige un semblant d’œuvre, un machin rempli d’acteurs qui n’ont pas le temps de jouer et de fils narratifs coupés très court. Un amas de dialogues sans vie, entrecoupés de chansons pop agaçantes et de scènes d’action mollassonnes. Un clone de film aussi raté que son ersatz de Joker. Suicide Squad, c’est surtout le suicide créatif de DC qui se poursuit.

15 janvier 2017 Articles

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