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The Imitation Game : Trop facile à décrypter

The Imitation Game (2014)

 

Récemment, Le Devoir se penchait sur la recette du succès de Downton Abbey. Si vous avez vu ne serait-ce qu’une poignée d’épisodes, vous la connaissez : même si une recette est à ce point conventionnelle qu’elle en devient pratiquement mathématique (le nombre de personnages est à ce point fixé que chaque grossesse se conclut par la mort de l’enfant ou d’un parent!), il est facile de la camoufler avec de bons acteurs, des décors somptueux et une direction de qualité.

C’est le type de camouflage qui est employé ici, car dans le genre du film biographique, on fait difficilement plus convenu :

  • Le personnage principal est motivé par la mort d’un proche, ressort narratif usé jusqu’à la corde.
  • Autiste et pervers pour son époque (la Grande-Bretagne des années 40 n’étant pas tendre avec les homosexuels), Turing est ici transformé en génie pataud, maladroit, mais avec un coeur d’or. Bref, un personnage aussi plat qu’un Sheldon Cooper, car il ne faut surtout pas brusquer le public moyen.
  • Un « personnage féminin fort » affreusement conventionnel.
  • Des épiphanies si clichées qu’on les croirait sorties d’un épisode de House.
  • La satanée habitude hollywoodienne de résumer le propos en une phrase répétée à l’envi.
  • Un épilogue composé de (nombreux!) paragraphes de texte à l’écran.
  • Des effets spéciaux qui font vraiment tache.

Certes, les décors sont irréprochables, les acteurs font un travail plus qu’honnête, et Benedict Cumberbatch prouve une fois encore sa capacité hors du commun à incarner des génies. Toutefois, on a souvent l’impression que son Sherlock transparaît, problème récurrent avec plusieurs autres acteurs, qui reprennent des archétypes qu’ils jouent déjà très (trop?) souvent.

 

En fin de compte, même s’il est difficile d’accuser le film d’être ennuyeux ou bête, on peut certainement lui reprocher son absence totale d’originalité ou d’audace.

 

6/10

 

–Géraud Le Carduner

20 janvier 2015 Articles

One Response to “The Imitation Game : Trop facile à décrypter”

  1. Elsa Mondriet dit :

    Voilà donc un bon article, bien passionnant. J’ai beaucoup aimé et n’hésiterai pas à le recommander, c’est pas mal du tout ! Elsa Mondriet / june.fr

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